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L’église catholique

L’agglomération fixée à flanc de colline présente une disposition intéressante avec l’église au centre du cimetière à la forte inclinaison planté d’ifs, dont l’un à l’ouest est plusieurs fois centenaire.

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l’église Saint Pierre

L’église Saint Pierre était placée dans l’ancien régime sous le patronage du seigneur baron de la Roche Tesson dont le château se trouvait à la Colombe au lieu dit la Roche. La baronnie fondée par le sire Néel de Saint Sauveur, vicomte du Cotentin, fut donnée par François 1er au sire de Matignon, seigneur de Thorigny et transmise au gré des alliances aux Grimaldi de Matignon de Monaco jusqu’à la révolution.
La paroisse avait trois gros décimateurs au tiers : l’abbé et les moines de l’abbaye de Fontenay près de Caen, les religieux de l’Hôtel Dieu de Coutances et le prêtre curé de la paroisse.

Elle se présente depuis la fin du XIXe siècle sous la forme d’une croix latine orientée. L’édifice conserve d’importants vestiges de la période romane. Les générations successives ont marqué cette construction, notamment à la période médiévale ainsi qu’aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles.
Il se compose d’une nef unique et d’un chœur à chevet plat prolongé à l’Est par une sacristie et à l’Ouest par un clocher porche. L’église possédait autrefois un portail couvert dont les sieurs François GAUTIER, Claude Louis JOURDAN et plusieurs autres revendiquaient la propriété en 1720 . Deux chapelles à chevet plat forment le transept saillant dans l’axe Nord-Sud. Cette augmentation fut décidée par la délibération municipale en date du 23 Mai 1880.

Le maire prit l’initiative de faire dresser les plans et devis par l’architecte CAUCHON. La dépense initiale prévoyait un engagement de 12 222,42 francs. La délibération précise, je cite : « qu’en maintes circonstances il a été constaté que l’église est trop petite pour une population d’environ 770 catholiques (la population totale étant de 833 habitant). Le conseil municipal avait fait entreprendre auparavant une réorganisation du cimetière telle que nous la voyons maintenant (délibération du 04 Novembre 1879). Plusieurs architectes s’intéressèrent à cette reconstruction sur la demande du conseil municipal qui jugea utile d’obtenir des avis différents dans un contexte difficile de messieurs LEMENICIER, DUREL. Ce dernier semble avoir repris la succession de CAUCHON en 1883. L’architecte LEMENICIER de Saint Lô fut chargé de contrôler la conformité des travaux vis à vis des plans et devis. La délibération du 27 Mai 1883 nous apprend que les travaux avaient été confiés à l’entrepreneur MANSON.

La tradition orale affirme que le clocher porche fut en partie élevé avec le matériau de récupération de la démolition du temple réformé du chêne Guérin dont la destruction fut décidée en 1679. La croix en granite disposée sur une console moulurée proviendrait de ce temple.
La svelte tour s’élève sur trois étages en retrait progressif soulignés par des bandeaux de pierre dont les sommets sont chanfreinés. Le premier contient le porche en plein cintre classique régulièrement appareillé et prenant solidement appui sur un socle dont la maçonnerie au plan incliné possède beaucoup de fruit. Les sommiers de l’arc du portail prennent appui sur des impostes saillantes dont la base convexe fait le lien avec les piédroits. Les claveaux sont bloqués par la clef saillante et millésimée de l’année 1743. Sa reconstruction semblait probable car l’archidiacre dit dans sa visite de 1736 : « l’extérieur de l’église est en assez bon état à la réserve de la tour dont nous enjoignons de prendre les mesures convenables pour la faire réparer ».

Un mur plat en biais dissimule l’escalier d’accès aux parties hautes de la tour. Le second étage est pourvu d’un oculus à quatre lobes en façade Ouest.
L’étage supérieur contenant le beffroi se prolonge par une bâtière dont la pointe des rampants est surmontée de fleurons en forme de boules.
Les quatre faces du troisième étage sont percées de fenêtres géminées en plein cintre garnies d’abats son et inscrites dans une grande baie aveugle classique dont les longs piédroits naissent sur le bandeau inférieur.

Allée principaleL’ancienne tour clocher ne se trouvait pas à l’ouest mais au sud car il est dit dans la visite de 1707 qu’il faudra : « faire faire un bon plancher aujourd’hui au clocher qui est au midi de l’église pour éviter le fâcheux accident qui arrive au battant des cloches ».
Le flanc septentrional de la nef a conservé deux étroites fenêtres romanes dont les ébrasures ont des angles vifs abattus.

Les chapelles du transept nord et sud édifiées entre 1880 et 1884 présentent toutes les deux les mêmes dispositions néogothiques. Une haute et large baie en arc brisé perce le chevet plat de chacune des chapelles. L’ébrasure est largement ouverte sur l’extérieur par un important chanfrein en forme de glacis.
Les pignons sont surmontés de petites croix carrées de pierre. Remarquez l’appareil régulier de maçonnerie.
Le mur plein du chœur du même côté a conservé lui aussi son aspect primitif.
Il se termine à l’Est par un chevet plat percé d’une grande fenêtre orientale en arc brisé gothique.
La sacristie primitive avait été élevée dans le prolongement du chœur en 1831. Sa reconstruction devint nécessaire après la bataille de 1944.
Le flanc méridional du chœur est éclairé par deux fenêtres de différentes formes. La première, plus large et à l’arc trilobé gothique tardif, est divisée en deux par un meneau de pierre transversal.
La seconde, en arc brisé gothique primitif (XIII / XIVe) est étroite. Un large chanfrein dans l’ébrasure en augmente la capacité à capter la lumière.

La chapelle sud est semblable à celle qui lui fait face en dehors de la base saillante de la maçonnerie qui ne se retrouve pas au nord. La porte latérale de la chapelle sud possède un heurtoir en forme de tête de lion.
Une platetombe anonyme est réutilisée comme marche d’accès. Elle est ornée d’une croix sculptée en creux sous la forme d’un fin filet.
Le mur du midi de la nef a lui aussi conservé des éléments romans d’origine. Les claveaux de pierre d’une ancienne porte en plein cintre apparaissent régulièrement disposés dans la maçonnerie à proximité du transept.
Remarquez le modillon de gré sculpté enchâssé dans la maçonnerie. Il représente un personnage d’une certaine noblesse de caractère assis aux grands yeux et pommettes saillantes se tenant fortement la moustache.
Plus loin, les piédroits de l’ancien portail roman méridional se distinguent avec colonnettes rondes, avec bases, chapiteaux et impostes en grès. Les corbeilles rondes des chapiteaux sont ornées de tous petits crochets à peine développés.

L’ancien accès à la nef se faisait par cette ouverture au Sud. L’arc en plein cintre est rompu par l’ouverture d’une des deux fenêtres en anse de panier, ouvertes au 17e ou début 18e, qui éclairent cette nef. L’appui de la fenêtre au dessus du portail muré est formé d’un fragment de granit réemployé dont on distingue des lettres gravées (ancienne platetombe).

Entrez sous le clocher porche voûté :
Neuf platetombes forment le pavage du porche :
1-Catherine LARSONNEUR, femme de Flérimond LARSONNEUR, âgée de 33 ans, qui décéda le 22e de mars 1631, Pater et Ave.
2-Françoais LARSONNEUR, lebour, est mort en Mars 1653, prie Dieu pour luy.
3-Cy gist le corps de Renée VIGLA, épouse de...
4-Cy gist le corps de Louis ...vra, agé de 69, qui décéda le 27 avril 1647, Pater Ave.
5-Cy gist Germain LARSONNEUR, âgé de 82 ans, qui décéda le 30 j.de May 1619, pries Dieu pour son âme, Pater, Ave.
6-Cy gist Ann..., femme de Germain ...,âgée de 66, laquelle passa de vie à trépas le 1 jour de M....71, Pries Dieu pour son âme, Amen, Pater et Ave.
7-Cy gist le corps de M. René LARSONNEUR, chirurgien, dcda le 15 mars 1659.
8-Perode.....dita sy, ...femme...dsiars q, ...pre....lavxct, faybie....e ...ellire.
9-platetombe anonyme, ornée d’une croix fleurdelysée en creux, socle en relief.

L’arc du portail intérieur est orné d’un tore continu prenant appui sur une base polygonale gothique ( XVe- XVIe ) posée sur un socle aux angles abattus.
La nef et le chœur ont changé d’aspect dans la seconde moitié du XIXe lorsqu’il fut décidé de supprimer les neuf entraits de bois de la charpente traditionnelle et de créer une voûte en plâtre plein cintre.

Les fonts baptismaux, en forme de calice polygonal en granite XVIIe, se présentent en deux éléments distincts : le socle, et la cuve. L’un et l’autre ont été taillés dans des pierres d’origines différentes. Remarquez la qualité du décor peint végétal du couvercle plat protégeant la cuve baptismale. Très beau bénitier polygonal en granite à l’entrée de la nef.

Les neuf vitraux réalisés au milieu du XXe sont tous œuvre de Mr MAUMEJEAN. Vous remarquerez l’éclat des couleurs. Les thèmes iconographiques sont reliés à l’apôtre Pierre, protecteur du lieu, chef de l’Eglise catholique et apostolique :
vitrail
Nef :
- 1 Pierre juge Ananie et son épouse Saphire.
- 2 Pierre est libéré de sa prison par un ange, signé.
- 3 croix latine contenant l’inscription « Pierre priez pour nous » et la tiare.
- 4 Le coq du reniement de Pierre.

Chapelle du transept sud :
- 5 la transfiguration de Jésus en présence de Pierre, Jacques et Philippe, signé.
chapelle du transept nord :
- 6 Jésus remet les clefs à Pierre, signé.
chœur :
- 7 la Cène en compagnie des onze apôtres.
- 8 l’appel de Pierre et de pêcheurs du lac de Galilée, signé.
- 9 le crucifiement de Jésus en présence de Marie et de Jean.

Remarquez les bras très élevés du Christ dont l’attitude est caractéristique du Jansénisme.
Le confessionnal qui se trouve dans le transept nord possède une contre porte centrale sculptée de la mention : « souvenir de la mission de 1952 ».
Remarquez la sculpture sur bois ( crête de coq, fleurs et feuillage ).

La chaire disposée à l’entrée de la chapelle du transept sud est un très joli travail d’ébénisterie du XVIIIe siècle. Elle présente une cuve rectangulaire avec une porte s’ouvrant sur l’escalier disposé à l’avant. Sa disposition primitive était différente. Elle changea de place car il est dit dans la visite de 1753 « mettre la chaire entre les bancs et l’autel ; la chaire se trouvant actuellement placée vis à vis de la porte de la nef ».
Le dosseret reliant l’abat voix est orné de la colombe de l’Esprit Saint. Courbes, contre courbes de bois et fleuron forment le couronnement de l’abat voix. Remarquez les sculptures sur bois, fleurs et feuillages, crêtes de coq.
Une platetombe de « Maître André RABEC, prêtre curé de ce lieu décédé le 19e de May 1747 » est scellée dans la marche d’accès au chœur. Un écu lisse est sculpté en relief.

l'autelL’église possède des statues modernes (art de St Sulpice) en plâtre creux :
- St Mammès, thaumaturge invoqué pour la guérison des maux de ventre ;
- St Michel archange ;
- St Sébastien ;
- St Antoine de Padoue ;
- Le Christ en croix disposé sur le mur méridional de la nef est plus ancien (bois ou plâtre). Il provient probablement de la perque supprimée.
- Ste Thérèse de l’enfant Jésus et
- l’ Immaculée Conception de Lourdes sont disposées dans la chapelle Nord.
- Sacré Cœur de Jésus.
- Bienheureuse Jeanne d’Arc, canonisée depuis, et
- Ste Germaine Cousin de Pibrac, patronne de la J.A.C.F.( filles de la jeunesse agricole catholique ) dans la chapelle Sud ;
- Vierge à l’enfant, « Mater Dei, mère de Dieu » comme l’évoque le socle dans le chœur ;
- St Pierre apôtre et
- St Joseph avec son lys symbole de l’Amour filial, dans le chœur.

Les deux autels latéraux, de style néogothique en calcaire, sont identiques. Les tables du sacrifice sont portées à l’avant par quatre colonnettes avec bases et chapiteaux à crochets. Les tabernacles ont la forme d’une forteresse. Deux gradins sont disposés de chaque côté.
Le sanctuaire est protégé par une clôture de communion en fer forgé.