Celle du Pasteur Eugène Sabatier, arrivé au Chefresne en octobre 1837 et tué par la foudre le 17 juin 1847 en allant constater l’avancement des travaux de construction du grand temple . Un chantier qui du coup, allait lui aussi être « foudroyé » en n’étant jamais terminé !
Ce temple menaçait ruine avant que la commune du Chefresne ne le rachète à la famille Dégremont. Depuis plusieurs mois, Jean-Claude Bossard à la tête de son conseil municipal, et Jacky Brionne, à la présidence de l’Association de sauvegarde et valorisation du patrimoine en Val-de-Sienne, n’ont eu de cesse de sauver l’ensemble du site, Le Chefresne ayant été à partir de 1553, le premier lieu d’implantation du protestantisme dans ce qui s’appelait alors Bailliage du Cotentin.
Moment d’émotion.
Le grand temple inachevé à été cristallisé. Des travaux vont être entrepris pour remettre aussi proche que possible de ce qu’il était au XIXe siècle le petit temple. Restait un symbole à relever de l’oubli. Celui du pasteur Sabatier, dernier pasteur résidant au château de Lourde au Chefresne.
Lundi 15 juin 2009, grand moment d’émotion dans le cimetière proche des deux temples. Camille, Mathilde, Déborah, Cely, Pierre et Alexandre, des élèves tailleurs de pierre du Lycée La Roquelle de Coutances, et leur professeur, Alain Mainhagu, ont mis en place, à deux pas de l’endroit où dorment les restes du Pasteur Sabatier sous le modeste monument, une nouvelle stèle gravée au nom d’Eugène Sabatier, 1809-1847, Pasteur de l’église réformée du Chefresne. Sous la pluie fine qui pleurait sur Le Chefresne, soudain, Germaine Koch et Nicole De Villars, du conseil presbytéral de la Manche, ont entonné, avec deux amis protestants, « A toi la gloire » de Haendel, un chant de tradition protestante.

Les quelques vingt présents ont ensuite gagné le petit temple, où, autre moment d’émotion, Jacky Brionne a fait état d’un appel téléphonique reçu dimanche, émanant du pasteur Marc Sabatier. De Chambéry, l’arrière-petit-fils, 90 ans, voulait dire merci aux jeunes lycéens et s’est dit extrêmement touché de l’initiative. C’est une histoire qui continue commentait le maire du Chefresne. Voire une l’Histoire avec un H majuscule.
Laurent L’Hermitte |