C’était le mercredi 11 novembre 2009 sur France 2, à 20h35, Blanche Maupas, avec Romane Bohringer dans le rôle de Blanche. Et Thierry Frémont dans celui de son mari, Théophile. « Il y a un an, on nous avait invités sur le tournage » se souvient Jean-Claude Bossard, le maire du Chefresne, commune particulièrement concernée par le drame des quatre caporaux de Souain, Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Lucien Lechat et Louis Girard, « fusillés pour l’exemple » en mars 1915. Théophile et Blanche Maupas étaient alors instituteurs au Chefresne. Bien que seulement réhabilité en 1934 grâce à la pugnacité de sa veuve, le nom de Théophile Maupas avait trouvé place dès 1921 sur le monument aux morts du cimetière chefresnais.
En 2000 la cour de la mairie est devenue Place Théophile Maupas. Le 16 février 2003 une étiquette à son nom venait, dans la mairie, compléter le tableau « honneur et reconnaissance à nos soldats » des vingt et un morts pour la France de 1914-1918 qui l’ignorait depuis 82 ans. À Percy, l’école primaire, en 1998, a pris le nom d’école Blanche et Théophile Maupas. Souvenirs ici récents. Et très anciens pour Germaine Cadet qui avait tout juste dix ans alors. Qui se souvient « de Madame Maupas », institutrice « pas commode ». Un fort caractère. Qui lui a servi lors des longues années de lutte sans répit, au plus haut niveau, pour arriver à retrouver l’honneur perdu du mari exécuté « pour refus d’obéissance devant l’ennemi ». Germaine était à l’école quand « la drôle de nouvelle est arrivée, un midi ». « Elle affolait. On ne l’aimait pas beaucoup mais elle était à plaindre même si elle n’était pas toute seule avec ses deux filles. L’après-midi on n’a pas eu école. Elle est restée plus de huit jours au lit » croit se souvenir la doyenne du canton avec ses 101 ans. « On disait qu’elle ne savait pas ce qu’elle faisait… Qu’elle voulait se jeter par la fenêtre, ou du pont, je ne sais plus. On croyait qu’elle n’allait pas reprendre, mais elle a voulu ». La veuve du fusillé devait gêner. Elle allait être déplacée institutrice à Montbray.
Aucun élément du film proposé par la télé ce soir n’aurait été tourné au Chefresne, et même dans la Manche. À voir tout de même. Ne serait-ce que pour l’exemplarité de l’histoire désormais inscrite dans l’Histoire.
Laurent L’Hermitte. Novembre 2009
Précision : le maire était Albert Godard de 1912 à 1919 et de 1919 à 1935 était Désiré Larsonneur, ami des époux Maupas et qui emmenait Blanche dans toutes les démarches pour réhabiliter Théo (arrière grand-père de Yannick Larsonneur, conseiller municipal actuel).
Cliquez sur les photos pour les afficher en grande taille, et cliquez ici pour accéder à la base documentaire sur Théophile Maupas

- Germaine Cadet
|

- Classe de Blanche Maupas
|

- Classe de Théophile Maupas
|

- Lettre de décès
|

- Cérémonie de réhabilitation
|

- Cérémonie de réhabilitation
|

- Article dans le Canard enchainé
|

- Romane Bohringer
|
|